CHAPITRE 16 : The demon's breath...

 

Second jour

  Les quatre adolescents, assis sur un tronc d'arbre sans doute abattu par la foudre, se reposaient. Autour d’eux, les feuillages s’étaient révélés tellement épais que le soleil peinait à passer à travers cette barrière végétale. Le sol était quant à lui si tapissé de feuilles humides qu’elles le rendaient invisible.
  Ils étaient épuisés, tous les quatre. Ils avaient veillé à tour de rôle toute la nuit, mais rien ni personne n'avait troublé la quiétude de la forêt. Seuls les cris des chouettes s’étaient contentés de déranger leur sommeil. Ou en cas, ce qu'ils espéraient être des chouettes...
  Ice distribuait à chacun une maigre ration alimentaire. Tôt ou tard, ils devraient chasser pour se nourrir, ils le savaient. Mais pour l'instant, inspecter l'île semblait le plus urgent. Depuis qu'ils s'étaient enfoncés dans la forêt, ils n'avaient plus vu personne, comme si elle avait réussit à dévorer tous ceux qui avaient osé pénétrer en son sein. Et cela déstabilisait les adolescents. Ils s'étaient attendus à devoir livrer des combats quotidiens et épuisants, contre des adversaires sans cesse plus nombreux. Au lieu de cela, il n'y avait rien. Seul le souffle du vent faisait échos à leurs pas solitaires...

Troisième jour

  La nuit avait été glaciale. Toujours aucune trace d'une quelconque activité humaine. Seuls quelques insectes, qui fuyaient à leur approche, prouvaient aux adolescents qu'il y avait un semblant de vie dans cette forêt.
  Cette journée fut aussi monotone que celle qui la précédait. Ils marchèrent pendant des heures et des heures, sans rencontrer âme qui vive.
  Après leur maigre dîner, ils commencèrent à s'inquiéter pour les vivres. L'eau ne posait pas de problème, Ice était capable de réunir la rosée environnante et de la recueillir avec une gourde, mais impossible de trouver une telle astuce pour la nourriture. Et ils n'avaient toujours pas croisé le moindre animal qui pourrait leur servir de gibier. Si cela continuait ainsi, ils allaient devoir se résoudre à manger des insectes...

Quatrième jour

  Glaciale. A nouveau, leur nuit se révéla glaciale. Le souffle d'Eole lui-même essayait de les chasser de l'île, comme si les dieux antiques en personne souhaitaient leur départ. Cette fois encore, il avait échoué. Mais les Tisseurs commençaient à se demander combien de temps ils pourraient tenir.
  Les journées se ressemblaient toutes, longues et monotones. Ils n'étaient ici que depuis quatre jours, mais ils avaient l'impression qu’une semaine entière s'était déjà écoulée. Bientôt, ils perdraient toute notion du temps, ils le savaient. Déjà, ils se demandaient s'ils étaient mardi ou mercredi. D’ici quelques temps, cela serait pire.
  Pourquoi ? Pourquoi cette île était-elle déserte ? Seuls les insectes faisaient l’effort d’articuler une réponse à cette question qu'ils se posaient perpétuellement.

Cinquième jour

  La faim commençait à les frapper. Ils avaient épuisé leurs quelques barres énergétiques lors du dîner de la veille.
  Le petit-déjeuner fut encore plus frugal que lors des journées précédentes : ils se contentèrent d'un peu d'eau fraîche. Ice les prévint qu'à partir de maintenant, s'ils apercevaient un insecte plus dodu que les autres, ils devaient le conserver pour le repas suivant. L'horreur commençait...

Sixième jour

  Ray pointa son index en direction d'une chenille un peu plus grosse que les autres. Un léger rayon électrique la frappa. Un ultime soubresaut l’agita et elle tomba, morte. A peine brûlée. En une seule journée, le Tisseur avait fait d’excellent progrès pour la chasse aux insectes.
  Ice hocha la tête et la déposa dans un sac, puis il jeta un regard approbateur à Sanga. Ce dernier planta son épée dans le sol.
  L'arbre en face d'eux remua et quelques fruits tombèrent. Les trois adolescents en ramassèrent une vingtaine. Les autres s'écrasèrent par terre.
  Aucun des Tisseurs n'avait encore jamais rencontré de tels arbres : épais comme des chênes, sur leurs branches poussaient des agrumes dont l'aspect rappelait vaguement celui de petites oranges, à la différence notable qu'ils étaient violets. Et infects.
  C'était Ice qui avait proposé de les consommer, lorsqu'il s'était aperçu que la plupart des insectes raffolaient de ces fruits. Même si leur goût était horrible, ils étaient nourrissants...
  Secrètement, chacun espérait encore croiser la route d'un gibier de grande taille. Ils ne pouvaient déjà plus supporter un tel régime alimentaire...

Septième jour

  Dans la soirée, Ray fit remarquer que cela faisait une semaine qu'ils étaient sur l'île. Enishi, lui, était persuadé que cela faisait une dizaine de jours. Ice et Sanga se révélèrent incapables de trancher : ils avaient arrêté de compter depuis bien longtemps déjà...
  Dans la nuit, ils furent tous les quatre malades. L'un des insectes qu'ils avaient consommés la veille était apparemment capables de secréter un venin fort heureusement peu puissant.

Huitième jour

  Ils ne reprirent leur marche que dans l'après-midi, encore pâles. Enfin, ils supposaient que c'était l'après-midi, mais ils n'en étaient pas certains : les rayons du soleil ne parvenaient que trop difficilement à percer les feuillages des arbres. Impossible, dans ces conditions, de se repérer dans le temps. Chacun regrettait à présent de ne pas avoir pris une montre, oubli impardonnable.
  Ils durent faire de nombreuses pauses, affaiblis par le poison de la veille. S'ils rencontraient un adversaire maintenant, ils savaient qu'ils seraient incapables de lutter. Mais ils savaient également qu'ils n'en rencontreraient pas. Les "grosses bébêtes de Praek" semblaient être restées dans le Nexus... Quant à la personne qui était à l'origine de l'apparition de cette île, soit elle n'était plus ici, soit elle était déjà morte de faim. A part quatre adolescents inconscients et cinq guerriers stupides, il n’y avait personne sur cette île. Ray se demandait d'ailleurs où étaient passés leurs adversaires. Ce n'était pas très important après tout, mais la moindre réflexion capable de tuer son ennui était la bienvenue.

*


  Praek marchait dans les couloirs, d’un pas rapide et décidé. Le Conseil avait rejeté sa proposition. Pourtant, envoyer ces quatre gamins sur Nyx était une folie. Mais ça, les vieux refusaient de l'entendre... "Ils progressent trop lentement pour des Tisseurs élémentaires", qu'ils disaient. Mais s'ils restaient seuls  trop longtemps sur Nyx, ils ne progresseraient plus jamais... Etaient-ils seulement toujours vivant ? Praek n'en avait aucune certitude... S'il ne pouvait pas forcer le Conseil à les ramener, il pouvait au moins espérer être de capable de convaincre l’un des Cinq d’envoyer une équipe là-bas pour les seconder.
  Praek frappa à l'une des portes qui se dressait devant lui. Bois massif, ancien et solide. Sans doute en avait-il vu, des gens et des guerres. Le combattant d’élite attendit quelques secondes, avant qu’elle ne s'ouvre.
  Sandara était le doyen des Cinq Grands. Son visage âgé témoignait des nombreuses décennies qui avaient défilé devant lui. Ainsi que des batailles qu'il avait livrées... Ses yeux sombres, calmes et impassibles, se posèrent sur le combattant d'élite.
  Le vieil homme appréciait Praek. Sans doute parce qu'il avait été le maître de son maître, une vingtaine d'années plus tôt... D'ailleurs, il avait été l'un des premiers à lui faire confiance, quand il avait demandé à redevenir un Tisseur.

- Bonjour, Sandara. J'espère que je ne vous dérange pas ?
- Bonjour Praek. Non non, entre.

  Il s'écarta et laissa passer le jeune homme, lui désignant une chaise pour s'asseoir.

- Que viens-tu faire ici ?
- Je suis venu vous demander une faveur... Mes élèves sont sur Nyx, mais ils n'ont aucune chance de survivre, nous le savons tous, même si les membres du Conseil ne veulent pas le reconnaître ! Ils sont encore trop jeunes, trop inexpérimentés pour survivre face au Tifôn…
- La situation est malheureusement plus grave et plus complexe que cela... Depuis la mort de Laïna, il ne reste que trois autres Tisseurs élémentaires encore en vie, dont Antares, qui est trop jeune pour maîtriser tous les pouvoirs qui sont à sa portée... Alors qu'en face, la confrérie de l'Epée commence à sortir de sa torpeur. Ils sont plus nombreux et plus puissants que jamais. Nous avons BESOIN du pouvoir de ces enfants, Praek. Et sans tarder. Il faut qu'ils intègrent une équipe d'élite dans les mois qui suivent...
- C'est impensable ! Ils sont à peine dignes de leur rang de combattant !
- Il me semble qu'ils pourtant réussi à vaincre les poignards du crépuscule ?
- C'étaient des assassins, pas des guerriers, Sandara ! Je vous en prie, autorisez-moi à aller les rejoindre sur Nyx...
- Je ne peux pas, Praek.
- Mais...
- Je ne peux pas, parce que l'équipe de Daedra est déjà sur place. Impossible d’en envoyer une troisième.

  Il sourit au jeune homme. Ce dernier soupira, soulagé.

Neuvième jour

  Enishi s'agitait dans son sommeil. Le vent glacial mordait son visage avec plus d'empressement que n'en aurait un prédateur affamé devant une proie endormie. Lorsqu'une araignée trop téméraire se risqua à se balader sur sa joue, l'adolescent se réveilla furieusement et la chassa d'un geste de la main, maudissant tous ces insectes de malheur, et qu’importe si à proprement parler, les araignées n’étaient pas des insectes, cela de toute manière il ne s’en doutait pas.
  Il se redressa et regarda autour de lui. Tout était calme, bien sûr. Le silence n'était troublé que par le bruit des feuilles agitées par le vent. Autant dire que cette nuit allait être toute aussi ennuyeuse que les précédentes... Il soupira et se recoucha.
  Alors qu'il se préparait à plonger à nouveau dans les bras de Morphée, il sentit pour la seconde fois une patte velue se poser sur son visage.

- Oh ça suffit, cria-t-il, je commence à en avoir marre de tous ces...

  Il s'interrompit soudain. Ray, à demi réveillé par les vociférations de son ami, exprima délicatement son mécontentement :

- Mais bordel de merde, tu peux pas la mettre en sourdine un peu ? Y'en a qui aimeraient dormir !

  Mais Enishi resta silencieux, la bouche béante, les yeux écarquillés. Intrigué par l'absence de réaction de son compagnon, Ray ouvrit les yeux.
  Pendant quelques secondes, il resta immobile. Puis, doucement, il se pencha vers Ice, qui dormait à sa droite, et murmura :

- Réveille Sanga et dis-lui de dégainer son épée. Mais surtout, ne faîtes aucun geste brusque…

  En face des quatre Tisseurs se trouvaient six araignées de la taille d'un être humain, aussi velues que repoussantes. L'une d'entre elles tenait la tête d'Enishi entre ses mandibules...

*


- Tenez madame Olentia. Toute la boutique vous remercie de votre visite !

  Le vendeur décocha à sa cliente un sourire tellement éclatant qu'il aurait suffit à lui faire décrocher un rôle dans n'importe quelle publicité pour n’importe quelle marque de dentifrice. La dame d'une cinquantaine d'années, à la figure austère, prit ses billets et se retira. Dès qu'elle eut refermé la porte, le vendeur souffla bruyamment : quelle plaie, ce genre de clients ! Mais heureusement, ils apportaient souvent des antiquités intéressantes.
  Dorol était un homme qu'une quarantaine d'années, aux cheveux broussailleux qui, jadis d’un noir de jais, arboraient à présent de longues mèches blanches. Ses yeux sombres étaient éternellement éclairés par une lueur d'amusement, son menton toujours orné d'une barbe de trois jours, qu'il rasait avec soin pour qu’elle ne soit jamais ni trop courte ni trop longue. Son physique contrastait avec les vêtements élégants qu'il portait toujours, lorsqu'il travaillait dans son magasin.
  Un autre homme entra, beaucoup plus jeune puisqu’il ne semblait avoir que 25 ans. Il était tout l'opposé de ton collègue : un visage raffiné et délicat, glabre surtout, et des cheveux châtains plaqués sur son crâne à l'aide d'une couche de gel, tandis que ses yeux verts exprimaient plus l’anxiété que la joie.
  Dorol se tourna vers lui, la mine fatiguée :

- Tu me remplaces déjà ? Remarque c'est avec plaisir, je meurs de faim !
- Je viens d'avoir les Tisseurs, Dorol. Vous aviez raison : l'île vient bien de leur côté. Il s'agit de Nyx.

  Le quarantenaire soupira : encore des ennuis en perspective.

- La Confrérie ?
- Ils le supposent mais n'ont aucune preuve.
- Quelles équipes sont sur places ?
- Celle de Daedra et celle de Praek.
- Praek ? Ah bah y'aura aucun problème alors, on peut le laisser se débrouiller. Tant mieux d'ailleurs, nous n’avons rien récupéré d’exceptionnel ce mois-ci, alors je préfère rester à la boutique pour que mon flair légendaire puisse enfin nous dégoter quelque chose d’intéressant…

  L'autre secoua la tête avant de répondre :

- Praek n'est pas avec eux. Les quatre combattants oui, mais lui non.

  Dorol soupira à nouveau et se frotta les sourcils : l’odeur caractéristique des ennuis se faisait de plus en plus proche...

- Un combattant d'élite ? Un seul combattant d'élite alors que la Confrérie est peut-être sur place ?
- Le Conseil ne veut pas envoyer d'autres hommes...
- C'est bon, c'est bon, j'ai compris. Nelek, je te confie le magasin, prends soin de protéger nos affaires déclinantes.
- Vous partez pour Nyx ?
- Dès que j'aurai retrouvé ma tenue de combat. Tu te souviens de l’endroit où je l'ai rangée ?

*


  Ray regarda autour de lui : ils étaient entourés. Et pas seulement par des araignées géantes, non, mais aussi par des chenilles, des mantes religieuses et bien d’autres réjouissances de tailles toutes aussi considérables qui avaient décidé de rejoindre leurs amis les arachnides.
  Enishi était finalement parvenu à se dégager. Il avait employé une méthode extrêmement risquée, dite du "Quitte ou double". Il s'était contenté de plier le bras et de donner un violent coup de coude dans le crâne de son adversaire. Par chance celui-ci, plutôt que d’avoir le réflexe de le mordre et de lui arracher la tête, avait ouvert la bouche pour laisser s'échapper un strident cri de douleur. L'araignée avait été récompensée par un Maryoku qui l'avait carbonisée sur le coup. Mais à présent, leurs adversaires étaient nombreux. Bien trop nombreux...
  Quand Ice y songeait, cela lui semblait incroyable : pendant une dizaine de jours, ils avaient marché sans rencontrer personne d'autre que Bob, Glub et leurs lieutenants. Pas même un animal digne de ce nom. Et maintenant, voilà qu'ils étaient des dizaines et des dizaines de monstres à vouloir les dévorer...
  Sanga se baissa pour esquiver l'attaque haineuse d'une mandibule acérée et planta son épée dans le sol : la terre se mit à trembler. Déséquilibrés, les insectes qui ne se tenaient que sur une seule paire de pattes tombèrent. Mais les autres ne furent que ralentis... Pire encore : ses trois amis perdirent également l'équilibre.
  Ray, pour éviter la salive verdâtre d'une chenille, envoya un Maryoku : la lame de foudre transperça le jet et trancha deux insectes tandis qu’il se redressait. Enishi agita son épée dans tous les sens en essayant de se relever, se protégeant du mieux qu'il pouvait. Ice préféra calme : lorsqu'il tomba à terre, il en profita pour y planter également sa lame : de l'eau jaillit du sol telle une fontaine, avant de s'enrouler autour de sa lame et de s'enfoncer dans le corps mou d'une araignée géante.
  A nouveau, la terre trembla autour d'eux. Enishi lança un regard assassin à Sanga : même si cette secousse était plus faible que la précédente, il allait finir par les tuer, à force de les déstabiliser ! Mais l'adolescent se contenta de hausser les épaules, faisant comprendre à son ami que ce coup-ci il n'y était pour rien.
  La terre trembla encore et encore. Ils finirent par réaliser que quelque chose approchait, quelque chose d'énorme... Les insectes le comprirent avant eux car ils se retirèrent les premiers. Ray se releva pour fuir, mais un serpent jailli du sol un mètre devant lui, le stoppant dans sa course.
  Le reptile, hissé sur sa queue, semblait aussi long que Ray était grand. Son regard brillant et meurtrier était braqué sur lui : il agita la langue en guise d'avertissement.
  L'adolescent baissa les yeux : le serpent semblait avoir surgi de nulle part, sa queue était encore enfoncée dans le sol. Combien de mètres mesurait donc cette créature ?
  Il recula d'un pas et observa ses compagnons : ces derniers étaient immobiles, les yeux exorbités. Leur surprise semblait si grande qu'ils respiraient à peine. Ray avala sa salive car ce n'était pas le serpent qu'ils regardaient...
  Soudain, il sentit un souffle puissant et chaud lécher son corps tout entier. Lentement, il se retourna...

*


  Epuisé, Paf se laissa tomber contre un tronc d'arbre. Ses deux frères l'imitèrent. Leurs maîtres, après que la chaleur du soleil les ait finalement dégelés, avaient préféré les laisser tomber en vociférant que des lieutenants aussi faibles étaient inutiles à leurs ambitieux projets. Pourtant, était-ce leur faute à eux, si leurs adversaires avaient été si puissants ? Non, c'était vraiment injuste !
  Chacun ressassait ses souvenirs à propos de cette défaite cuisante. Finalement, Pouf exprima tout haut ce que les deux autres pensaient tout bas :

- Mes frères, il nous faut nous venger.
- Tout à fait d'accord.
- Nous devons trouver un plan.
- A la hauteur de notre génie.
- Et de notre talent.
- Comme ça, Bob et Glub nous reprendrons à leur service.
- Peut-être même qu'on aura une promotion !
- J'aimerais bien devenir général à la place de lieutenant...
- Mes frères, voici ce que je vous propose... Nous allons utiliser les armes secrètes que nous avons volé sur Terre. Et nous allons le faire ainsi...

  Les trois mercenaires se rapprochèrent pour que Pouf leur expose son plan.

*


  Ray fit un pas en arrière. Puis un autre, et encore un autre. Devant lui se tenait une créature monstrueuse, tellement abominable qu'elle semblait sortie de plus affreux et du plus atroce des cauchemars.
  Son maintien évoquait celui d'un gorille. Là s'arrêtait toute comparaison. Si elle avait l'idée de se hisser sur ses pattes arrières, elle mesurerait plusieurs mètres de haut : la taille de son seul visage équivalait celle d’un être humain. Son corps était recouvert, non pas par un pelage touffu, mais par de sombres écailles reptiliennes. Une crinière dansait autour de son visage, composée de dizaines et de dizaines de serpents. Les mêmes reptiles avaient également remplacé ses doigts, au bout de ses longues mains. Mais le plus effrayant était cette immense queue de scorpion qui se balançait dans son dos…
  La bête posa ses yeux sombres sur le maître de la foudre. Alors, un sourire moqueur se forma sur ses lèvres repoussantes :

- Oh oh oh ! Des tisseurs de néant ! Il n’y avait tellement longtemps que je n'avais eu un tel met à me mettre sous la dent !

  Sa voix rauque semblait résonner tout autour d'eux. Soudain, il leva sa main droite : Ray s'aperçut alors que le serpent qui lui avait bloqué le passage quelques secondes plus tôt n'était en réalité que l'un des "doigts" cette immonde créature...

- Je suis celui que l'on appelle le Tifôn, jeunes imprudents. Quant à vous...

  La bête s'interrompit quelques instants, avant de pousser un éclat de rire qui glaça le sang des quatre Tisseurs.

- Quant à vous, reprit-il, vous êtes mon prochain repas !

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Dernière mise à jour de cette page le 09/08/2008
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