CHAPITRE 3 : Nightmares

 

  Noir. Tout était noir autour de lui. Light avait l'impression de flotter dans le néant. Pas un son, pas une lumière ne venait troubler cette douce accalmie. Depuis quand était-il ici ? Il ne s'en souvenait plus, une éternité, sans doute. Peut-être même deux... Au fond, cela n'avait pas d'importance. Il se sentait si bien, au milieu de tout ce vide...
  "T'es un loser, c'est tout." Un vent imperceptible venait de souffler ces paroles jusqu’à son oreille. Light se retourna brusquement. Derrière lui, un corbeau gigantesque le toisait d'un air moqueur. Le jeune homme devint subitement enragé. Il appela à lui son épée et se rua sur l'animal aux yeux narquois. Mais lorsqu'il le frappa, il s'aperçut que ce qui se trouvait au creux de ses mains n'était qu'un vulgaire bâton, impuissant face au monstre qui lui faisait face. Le corbeau éclata de rire. Son image commença à rétrécir, comme si elle s'éloignait de lui.

- Adieu, monsieur le Tisseur, toi qui était sans aucun doute l'adversaire le plus nul et le plus pitoyable qu'on ait jamais affronté.

  Light tendit la main vers son adversaire. Il voulait se battre, il voulait le vaincre. Mais l'oiseau se contenta de rire tandis qu'il n'était plus à présent qu'un petit point sombre au milieu des ténèbres. Light hurla, lui ordonnant de revenir. Il voulait se battre, il voulait le vaincre... Le vaincre... Le vaincre...

*


  Le jeune homme se réveilla en sursaut. Quelques gouttes de sueur dégoulinaient le long de son visage encore blême. Aya posa doucement une main sur son épaule pour l'apaiser :

- Calme-toi, lui murmura-t-elle doucement, ce n'était qu'un cauchemar. Un simple cauchemar...

  Light se laissa retomber dans son lit épais. Il regarda autour de lui : la pièce était petite, blanche. Quelques armoires contenaient des dizaines et des dizaines de tubes fermés. Dans un autre lit, à quelques mètres du sien, Bast dormait silencieusement, les paupières closes.

- Est-ce qu'il va bien ?
- Oui, il est simplement en train de se reposer. Ses blessures n'étaient pas aussi graves que les tiennes.
- Et toi ?
- Juste une éraflure à l'épaule. Les médecins n'ont même pas voulu me donner un lit pour si peu.
- Désolé...
- De quoi ? Je viens de te dire que je n'avais rien. Et puis je ne pense pas que ça soit de ta faute si nous avons tous été attaqués.
- Tout le monde va bien, au manoir ?
- Cinq domestiques blessés, trois morts. La plupart ont réussi à se mettre à l'abri à temps. Ce qui n'est pas le cas des invités...
- Raconte.
- Il n'y avait pas assez de Tisseurs... Il y a eu une quarantaine de morts.
- Une... Une quarantaine ?
- Plus quatre qui sont dans le coma. Sans compter les 56 blessés...
- Comment... Comment les choses ont-elle pu dégénérer à ce point ?
- Le Conseil a ouvert une enquête.
- Le chapelier ? Où est-il passé ?
- Aucune trace de lui... Et les clones n'ont laissé aucun indice : chaque fois que l'un d'entre eux mourait, il disparaissait sans laisser de trace, pas même une simple goutte de sang.

  Light resta silencieux, serrant doucement les poings. Aya poussa un soupir.

- Tu ne pouvais rien faire. Absolument rien. Personne ne peut lutter contre une armée entière.
- Si... Les Cinq auraient pu, eux... Et si Daedra avait été présent, il n'y aurait pas eu autant de dégâts...
- Tu n'es pas Daedra, Light. Encore moins l'un des Cinq.
- Si seulement j'avais pu être plus fort... Assez pour les vaincre...
- Ressasser le passé ne sert à rien. Analyse tes erreurs et apprends à les surmonter. C'est comme ça tu deviendras plus fort.

  Le jeune homme baissa les yeux. Plus fort, il devait devenir plus fort... Doucement, presque pour lui-même, il murmura :

- Que vont dire mes parents lorsqu'ils apprendront ce que j'ai fait... Lorsqu'ils apprendront à quel point j'ai été faible et inutile...

  Aya resta silencieuse, baissant les yeux à son tour. Au début, Light crut qu'elle compatissait, mais rapidement il comprit qu'elle lui cachait quelque chose. Il se tourna vers elle, se hissant sur un coude :

- Qu'y a-t-il ? Qu'est-ce que tu ne veux pas me dire ?
- Rien.
- Aya !
- ... De toute façon, tu l'apprendras tôt ou tard... Tes parents sont introuvables, Light. Ils ont disparu. Personne ne les a vus depuis l'incident...

  Le jeune homme écarquilla les yeux. Pas un mot ne put franchir ses lèvres. Lentement, il se laissa retomber contre son matelas. Une soirée, une seule soirée avait suffi pour que son monde s’écroule…

*


  Light gisait contre le marbre froid, immobile. Il avait beau ordonner à son corps de bouger, celui-ci refusait obstinément. Des larmes d'impuissance coulaient le long de ses joues. Le petit corbeau le regardait d'un air narquois, n'hésitant pas à donner des coups de bec contre son nez afin de se moquer de lui. "Dans la vie, y'a deux catégories de personne : les boulets et ceux qui assurent. Nous, on fait partie de la seconde catégorie, toi, de la première" répétait-il. Puis, las de cet adversaire impotent, il prit son envol, disparaissant dans le néant, bien au-dessus de lui.
  Des pas résonnèrent près du Tisseur. Il leva les yeux et aperçut la silhouette sombre du chapelier. Ses parents le suivaient, sans opposer la moindre résistance, tous deux vêtus d'une longue robe, blanche et innocente.

- Papa, murmura-t-il faiblement, maman...

  Lentement, le visage de son père se tourna vers son corps immobile et vaincu. Son regard était glacial, tellement tranchant que Light sentit ses blessures se remettre à saigner. Les paroles qu'il prononça doucement le heurtèrent avec plus de violence encore :

- Dans la vie, mon fils, il y a deux catégories de personne : les prédateurs et leurs proies. Et toi, tu fais partie de la seconde. C'est pour cela que tu ne pourras jamais le vaincre.

  Et ils disparurent sous les pleurs de leur fils.


*


  Lentement, Light ouvrit les yeux. La lumière du soleil fut tellement aveuglante qu'il se protégea le visage à l'aide de son bras droit. Chez eux, c'était l'hiver, mais ici, l'été se révélait être à son zénith. Le jeune homme écarta doucement le drap qui le recouvrait et se leva. Deux autres matelas, vides, étaient posés à même le sol, tout comme le sien. Sous ses pieds, la chaleur du plancher en bois l'aida à se réveiller. C'était bien plus agréable que le marbre froid qui l'accueillait chaque matin...
  Cela faisait trois semaines qu'il était sorti de l'infirmerie. Son corps avait parfaitement récupéré, à présent. Aussi Daedra avait-il jugé qu'une petite mission serait idéale pour que ses trois élèves puissent se remettre de leur défaite. Une obscure histoire de villageois zombifiés, si les souvenirs de Light étaient corrects. De toute façon, il s'en fichait éperdument. Il allait trouver ses nouveaux adversaires et les vaincre. Tous, les uns après les autres. Ce n'était pas plus compliqué que cela.
  Il poussa la porte coulissante qui le séparait du jardin dans lequel Aya prenait son petit-déjeuner. Le soleil était déjà haut dans le ciel, il devait être prêt de dix heures du matin. La jeune femme l'accueillit avec un sourire :

- Coucou Light ! Tu viens manger avec moi ?

  Le jeune homme hocha lentement la tête, se dirigeant dans sa direction. Il préféra la sensation de l'herbe douce sous ses pieds nus à celle des pierres brûlantes, aussi n'emprunta-t-il pas le petit chemin qui menait à la table en calcaire sur laquelle son amie avait déposé un plateau contenant toutes sortes des mets idéals pour un petit-déjeuner : tranches de pain, confitures, miel...
  A l'ombre d'une forêt de chênes épais, la jeune femme prit une tartine qu'elle porta jusqu'à ses lèvres roses. Vêtue d'une simple robe en coton qui laissait visibles une partie de ses jambes fines, Aya semblait rayonnante, ainsi éclairée par la lumière dorée du soleil. Light s'assit à ses côtés sans un mot. Haussant un sourcil, son amie posa une main sur son épaule, préoccupée :

- Tu comptes rester comme ça encore longtemps, Light ?
- Comme ça, quoi ?
- Ne me prends pas pour une idiote, cela fait des semaines que tu parles à peine, que tu as un appétit d'oiseau, que tu es renfermé dans tes pensées. Je comprends parfaitement que la disparition de tes parents soit un coup rude pour toi, mais il te faudra apprendre à t'en remettre, tôt ou tard. T’emmurer dans la solitude n’est pas une solution, surtout que nous ne savons même pas s'ils sont réellement morts.

  Le jeune homme ne répondit rien et saisit à son tour une tranche de pain. Comment pourrait-elle comprendre, elle qui n'avait jamais eu de père, elle qui n'avait jamais eu de mère ? Comment pouvait-elle comprendre la douleur sourde de celui qui vient de perdre ceux qui l'ont aidé à grandir, ceux qui l'ont nourri, qui l'ont aimé et choyé... Soudain, il avait été déraciné à tout ce qui lui servait de point d'attache. Il avait l'impression de dériver au milieu d'un océan immense sans jamais réussir à  s'arrêter quelque part. Et il savait que cette sensation n'était due qu'à sa faiblesse. S'il avait été plus fort, il aurait pu les retenir... Mais il en avait été incapable.
  Lentement, Aya se leva en soupirant. Elle retira une feuille de chêne de son bras nu avant de lancer à son ami :

- Si tu as envie de te dérouiller un peu, vient me rejoindre à la cascade. Je vais m'entraîner avec Bast.

  Light hocha la tête tout en terminant sa tranche de pain.

*


  L'héritier des Lumen avait continué son petit-déjeuner pendant près d'une demi-heure. Puis il s'était levé et il avait fait quelques pas dans la forêt. La terre était dure, mais il n'y avait pas de ronces ou quoi que ce soit d'autre qui serait susceptible d'écorcher ses pieds, aussi ne jugea-t-il pas nécessaire de mettre une paire de chaussures.
  Il marcha durant quelques minutes, jusqu'à atteindre la cascade qu'Aya avait mentionnée. C'était en réalité une véritable oasis au milieu de ce désert verdoyant : une belle eau claire coulait le long d'une longue pente, se déversant dans un petit lac qui ne devait être guère plus grand que leur chambre dans cette maison de bois. Assis sur un rocher, le torse nu et en sueur, Bast respirait bruyamment afin de reprendre son souffle. Aya était adossée à un tronc d'arbre, un long bâton à côté d'elle. Ses cheveux, trempes de sueur, collaient à son front. Elle remit une mèche sombre derrière son visage, attrapa un second bâton qu'elle lança à Light. Ce dernier l'attrapa au vol. Pas une parole ne fut échangée, d'un accord tacite, ils s'élancèrent l'un contre l'autre.
  Les deux morceaux de bois se heurtèrent avec force et se repoussèrent violemment. Light voulut reprendre son souffle, mais Aya fut à nouveau sur lui en un éclair. Le jeune homme eut juste le temps de rouler sur le côté. Lorsqu'il se redressa, un puissant coup contre sa joue le renvoya à nouveau par terre. Quelques gouttes de sang s'échappèrent de ses lèvres. Surpris par la violence de son amie, il sauta pour se relever, parant une nouvelle attaque. Mais le temps lui manqua pour riposter : un croche-patte le déséquilibra. Alors qu'il tombait, un puissant coup de bâton dans son estomac le fit tituber. Aya enchaîna alors en le frappant à nouveau au visage. Pour la troisième fois, le jeune homme tomba par terre.
  Sa chemise blanche était salie par la terre et par le sang. Il la défit rapidement et s'élança à nouveau contre son adversaire. Mais celle-ci para son attaque avec facilité et tourna sur elle-même : une main heurta sa joue avec brutalité. Le temps que son visage reprenne sa position initiale, Light s'était pris trois coups de bâton dans les côtes. Il posa un genou à terre, essoufflé. Le pied nu d'Aya heurta sa mâchoire : cette fois-ci, il tomba dans l'eau fraîche. Lorsqu'il se redressa douloureusement, son amie lui jeta sa chemise, roulée en boule :

- L'entraînement est terminé. Je ne suis pas Daedra, il m'est impossible de t'apprendre comment tenir une arme ou comment rester debout. Tu ferais mieux de te reprendre Light, parce qu'un gamin de 6 ans m'opposerait plus de résistance que toi.

  Le jeune homme accusa douloureusement ce nouveau coup. Aya se retourna et sortit lentement de la forêt, silencieusement suivie par Bast.

*


  Une journée s'était écoulée depuis l'entraînement entre Aya et Light. Le soleil venait à peine de se lever, peignant l'horizon de ses couleurs claires et étincelantes, mais Bast était déjà assis sur le rocher près de la cascade, immobile, les paupières closes. Il méditait. Malgré son apparence pour le moins imposante, le jeune Tisseur aimait le calme et la tranquillité. Chaque matin, il prenait quelques minutes pour faire le vide en lui.
  Silencieusement, Aya arriva à son tour, s'asseyant délicatement sur l'herbe encore fraîche. Elle se contenta de fixer la surface du lac sans dire mot, durant de longues minutes. L'eau était claire, douce, chatoyante. Sa simple vue suffisait à apaiser l'anxiété de la jeune femme.
  Au bout d'un long moment, sans lever les yeux, elle articula doucement à l'intention de son ami :

- Il m'inquiète.
- A moi aussi...
- Daedra n'aurait jamais dû l'envoyer ici. Il ne tiendra pas le coup.
- Inutile d'être si pessimiste, nous ne savons rien de nos ennemis, peut-être ne sont-ils pas si forts que ça...
- Bast, tu l’as bien vu hier, il tenait à peine sur ses jambes. S'il doit dégainer son épée, il est fichu. Et s'il tente de déployer son aura angélique, ce sera bien pire, il serait capable de se détruire lui-même...
- Ce n'est pas dans tes habitudes de t'inquiéter autant, il a déjà affronté des situations pires et il s'en est sorti. Nous nous en sommes tous les trois sortis.
- Bien pire physiquement. Mais c'est dans sa tête qu'est le problème...

  Bast ouvrit subitement les yeux. Le silence qui s'installa alors ne fut rompu que par le bruissement des branches agitées par le vent. Durant de longues secondes, aucune parole ne fut échangée. Puis finalement, dans la discrétion la plus totale, Aya se releva et demanda doucement :

- Ils sont là ?
- Ils ont fini par comprendre que l'absence de leurs cinq éclaireurs était anormale, je suppose.
- Les vaincre cette nuit n'était peut-être pas une bonne idée, mais tant pis, au moins nous les aurons fait sortir de leur tanière...
- Ils sont en train de descendre de la montagne. Leur aura est tellement faible que j'arrive à peine à les percevoir, mais ils semblent nombreux, très nombreux...
- Combien ?
- Une cinquantaine, au minimum. Et ça continue... Bientôt, ils seront peut-être deux cents ou trois cents...
- Tu penses pouvoir les retenir jusqu'à ce que je revienne avec Light ?
- Il faudrait que je puisse me battre dans un endroit facile à défendre...
- Le pont. C'est le seul accès s'ils veulent rejoindre ce versant de la montagne. Ils seront obligés de le traverser. Mets-toi au milieu, je serai de retour dans cinq minutes.
- Ce ne sont pas eux le problème, tu le sais.
- « Trancher la tête d'un zombie, c'est inutile. Trancher la tête de cent zombies, ça l'est cent fois plus. N'ais pas de pitié et frappe au coeur, directement. »
- Je retiendrai la troupe, occupez-vous d'éliminer son meneur.
- D'accord.

  Ils hochèrent brièvement la tête et s'élancèrent tous deux dans des directions opposées.

*


  Le néant. Tout autour de lui. Il l'entourait, il l'oppressait. Light se retournait, anxieux, fébrile. Il cherchait une échappatoire, une étincelle dans la nuit. Le silence et le froid le rendaient fou, il n'était pas mort, il n'était pas mort !
  Soudain, il aperçut ses parents. En robe blanche, à une dizaine de mètres de lui. Il courut dans leur direction, mais un corbeau au regard moqueur lui barra le passage :

- T'es un loser, t'es un loser, c'est tout.

  Sa voix résonnait dans les ténèbres, reprise par en échos par des personnages invisibles. Light voulut le contourner, le repousser, mais il était incapable de se dégager de cette force invincible. Il posa un genou à terre, à bout de force.

- Dans la vie, mon fils, il y a deux catégories de personne : les prédateurs et leurs proies. Et toi, tu fais partie de la seconde.

  C'était son père qui avait prononcé ces paroles d'un ton glacial. Light essaya de repousser l'oiseau à l'aide d'un Maryoku, mais le croissant d'énergie le heurta sans lui causer le moindre dommage.

- Y'a pas de super sortilège de la mort qui tiennent, t'es un boulet, c'tout.

  Déjà, l'image de ses parents commençait à disparaître, comme si le néant les dévorait. Light tendit la main dans leur direction. Sa mère répondit avec morgue :

- Adieu, mon fils, toi qui était sans aucun doute le Tisseur le plus faible et le plus pitoyable qui pouvait essayer de nous sauver.

  Il ne restait à présent de ses parents qu'une faible étincelle dans les ténèbres de ses cauchemars. Soudain, il réalisa qu'il était en train de tomber : son corps était tranché en deux, sa moitié supérieure s'enfonçait dans les profondeurs du néant. La voix lointaine du corbeau couplée à celle du chapelier parvint narquoisement à ses oreilles :

- Si jamais t'arrives à t'en sortir, retiens bien nos noms : Moi, c'est Hugin, lui, c'est le chapelier. Et si un jour tu les entends à nouveau, rappelle-toi de te barrer vite, très vite, parce que si tu croises une seconde fois notre route, on sera beaucoup moins sympa avec toi, tu peux me croire.

  Et tandis que Light continuait sa chute éternelle, les paroles de ces adversaires qu'il ne pouvait vaincre résonnaient à ses oreilles...



*


- Light ! Light !

  Le jeune homme ouvrit doucement les yeux, réveillé par la voix de son amie. Celle-ci le remuait du bout de pied afin de l'aider à s'échapper des bras de Morphée :

- Dépêche-toi de te lever ! Nos ennemis sont en train de descendre la montagne !
- Humph...

  Le Tisseur se redressa en baillant et enfila rapidement une nouvelle chemise blanche. Heureusement pour lui, il dormait toujours dans son pantalon noir, il fut près en quelques secondes.
  Ils sortirent de leur repaire en courant, pendant qu'Aya faisait à son ami un topo de la situation :

- Ce sont des créatures à mi-chemin entre des hommes et des monstres. Leur apparence et leur maintien sont proche de la nôtre, mais leur peau est violette. De plus, ils ont tous des cheveux roux flamboyants et des yeux de la même couleur.
- Leur intelligence ?
- Ils ne semblent pas beaucoup plus réactifs que des zombies, mais nous n'avons pas eu le temps d'en juger véritablement.
- Le terrain ?
- Ils descendent de la montagne que tu vois là-bas. Bast est en train de se battre sur un pont. C'est l'unique accès pour atteindre les villages, plus bas. S'il tient, tout le monde sera en sécurité.
- On va lui prêter main forte ?
- Non, on va monter la falaise afin de voir d'où ils débarquent. Bast m'a assuré qu'il les retiendrait aussi longtemps qu'il faudra.

  Aya appela son épée. Light fit de même. Le Shintaisen décupla leur vitesse : ils couraient à présent à une vitesse folle, sautant par-dessus les rochers afin d'économiser la moindre seconde. Lorsqu'ils sortirent de la forêt, ils arrivèrent devant un immense précipice. Seul un petit pont en pierre reliait l'extrémité de la forêt à la montagne. Et sur ce petit pont de pierre, Bast était en train de livrer une bataille enragée. Autour de lui gisaient les cadavres de plusieurs dizaines de monstres humanoïdes, identiques à la descrïption qu'en avait faite Aya. Le puissant poing de Bast frappait leur corps mou avec une facilité qui semblait déconcertante. Même à quatre contre un, le Tisseur parvenait à vaincre ses adversaires sans recevoir la moindre blessure. L'un d'entre eux leva ses griffes rouges : un uppercut l'atteint dans la mâchoire. Il s'effondra, mort, projetant simplement un peu de sang sur le bras du jeune homme. Un autre ouvrait grand sa bouche pour essayer de le mordre : un puissant coup de poing dans son estomac suffit à calmer ses ardeurs. Bast n'esquivait pas, ne se protégeait pas, il se contentait d'enchaîner les coups avec une vitesse et une puissance surhumaine.
  Sans dire un mot, les deux autres Tisseurs traversèrent le pont, se frayant à coups d'épée un passage au milieu des zombies déchaînés.

*


  A nouveau, ils traversaient une forêt, encore plus épaisse et plus sombre que la précédente. Telle une procession de fourmis, un nombre incalculable de zombies la descendait lentement, le regard vide, de la bave dégoulinant de leurs lèvres rouges. Mais dès qu'ils apercevaient les Tisseurs, alors ils s'animaient et se jetaient sur eux comme des chiens enragés. Aya et Light essayaient d'en tuer le plus possible, mais leurs adversaires étaient trop nombreux et trop frénétiques. Mourir ne les dérangeait pas du moment qu'ils pouvaient ne serait-ce que déséquilibrer l'un des deux Tisseurs. S'ils voulaient continuer leur chemin et atteindre le sommet, les deux compagnons savaient qu'ils devaient laisser ces adversaires à Bast. Le salut de la région reposait sur ses puissantes épaules, eux ne pouvaient que continuer leur ascension avec l'espoir de trouver la personne qui était à l'origine de cette troupe monstrueuse.

*


  Assis sur un rocher escarpé, Pourpre attendait. Le chasseur n'était vêtu que d'une simple toge violette. Sa longue et puissante épée posée à ses côtés, il n’attendait qu'une seule chose : l'arrivée de ses adversaires. C'était son unique but, son unique objectif. Depuis des années, il avait ressassé sa vengeance. Il avait fui d'abord, puis il s'était caché. Presque une décennie s'était écoulée. Mais il n'avait rien oublié, rien. Ni le coucher du soleil le jour où sa famille avait été exterminée, ni l'éclat hypnotique des étoiles tandis qu'il était traîné dans un de ces infâmes laboratoires. Il avait changé, depuis, bien changé... Là-bas, on l'appelait Pourpre, parce que c'était la couleur que sa peau avait prise en réaction à son traitement. Ses cheveux blonds étaient tous tombés, son corps s'était allongé et musclé, à tel point qu'il ressemblait plus à une statue antique qu'à un véritable humain.
  Les Tisseurs l'avaient transformé en monstre. Il avait donc transformé à son tour une région tout entière en monstre. Mais il ne comptait pas s'arrêter avant que le pays tout entier ne soit peuplé que de zombies monstrueux. Seule la mort l'arrêterait, le délivrait de cette malédiction qu'il subissait depuis des années et des années...
  Il entendit une pierre tomber, sous lui. Il attrapa la poignée de son épée et se leva. Son premier combat allait commencer. Son issu n'avait pas d'importance : s'il gagnait, sa vengeance continuerait. S'il perdait, alors sa libération viendrait enfin.

*


  Light, épuisé, leva les yeux. Un homme se tenait au-dessus d'eux. Il était si grand et musclé qu'à côté, Bast semblait avoir l'allure d'un nain ridicule. Et pourtant, la carrure de son équipier était loin d'être insignifiante, bien au contraire...
  Tout chez cet homme semblait disproportionné : il tenait dans ses mains une épée gigantesque, qui semblait tellement lourde que Light se demandait si lui-même serait capable de la porter sans l'aide du Shintaisen... Sa peau était pourpre, autant que pouvaient l'être les tissus dans lesquels les rois anciens s'enroulaient. Et surtout, surtout, ses yeux violets étincelaient d'une haine sans nulle autre pareille, tellement tranchante que Light recula d'un pas sans même s'en rendre compte.
  Ce fut Aya qui, la première, rompit ce silence :

- Tu es le maître de cette troupe de zombies ?
- En effet.
- Tu as tué toute la population de tous les villages que tu as croisés ?
- Non. Ce sont eux, ces villageois dont tu parles.

  La surprise brilla dans les yeux des deux Tisseurs. L'incrédulité, aussi. Furieux, Light pointa son épée dans sa direction :

- Pourquoi, hurla-t-il, pourquoi ?!
- Light, calme-toi !

  Mais l'homme ne répondit rien. Il resta silencieux. Fou de rage, sans écouter les conseils de son amie, le Tisseur se précipita sur son adversaire. D'un geste fluide, ce dernier abattit sa lame sur celle du jeune homme, stoppant ainsi sa course. Puis il enchaîna avec un puissant coup de tête : Light tomba en arrière, à demi assommé. Il eut tout juste le temps de rouler sur le côté pour éviter qu'une lame titanesque ne transperce son ventre. Celle-ci heurta le sol avec tant de violence qu'elle souleva un nuage de poussière et une pluie de graviers.
  Light bondit pour se relever et se jeta à nouveau sur son adversaire. Une parade éloigna la pointe de sa lame du corps de Pourpre et un uppercut dans son visage calma ses ardeurs. Le jeune homme tituba : un second coup de poing le fit chanceler un peu plus. Au troisième, il tomba à terre. Il aurait voulu se reposer un instant pour récupérer ses forces, mais l'ombre de l'épée de son adversaire masqua la lumière du soleil. Le Tisseur bondit en arrière, posant sa main gauche contre son front. Une goutte de sang coula sur son nez : la lame destructrice l'avait éraflé.
  Furieux, il leva les yeux et darda son regard meurtrier dans celui de son ennemi. Alors, il leva son épée. Un instant, la lumière du soleil se refléta sur sa lame éclatante de pureté. Quand il l'abaissa, un croissant d'énergie s'élança sur le chasseur. D'un revers de lame, ce dernier le brisa en deux, sans la moindre difficulté.

- Mince... Aya, je vais avoir besoin de ton aide.

  Mais la jeune femme recula d'un pas. Surpris, Light tourna la tête dans sa direction, les yeux écarquillés. Seuls ses réflexes le sauvèrent : il sauta sur le côté juste au moment où son adversaire abattit sa lame. Cet inconnu avait beau être corpulent, il n'en était pas moins rapide... Le Tisseur tenta de riposter, mais la parade qui l'attendit fut si vive, si violente, qu'elle le désarma. Un pied vint alors frapper ses côtes, le faisant tomber une nouvelle fois à terre.
  Pourpre leva son arme au ciel. Il en avait assez de ce duel, il avait l'impression de se battre contre un enfant sans défense. Et il détestait ça. La lumière éclatante du soleil se refléta sur sa lame argentée, éblouissant le Tisseur qui ferma ses paupières. Alors, elle s'abattit.
  Et fut bloquée par l'épée de Light. L'onde de choc se répandit dans le corps tout entier du jeune homme. Mais il n'y fit pas attention et continua à se relever. Lentement, mais inexorablement. Alors, il ouvrit ses yeux, dorés à présent. Et il trancha en deux la lame de son adversaire. Un fin sourire orna ses lèvres.

- Désolé, je ne sais pas qui tu es, je ne sais pas ce que tu veux, mais je ne peux pas te laisser faire. Ce combat, tu l'as perdu.

  A cet instant précis, avec la vivacité et la puissance d'un félin, le chasseur attrapa le visage de son adversaire et serra son poing. Une lumière pourpre se répandit dans tout le corps de Light, qui changea de forme : sa peau fut violette, ses cheveux oranges. Ses yeux devinrent inexpressifs, à la manière des zombis qu'il avait affrontés.

  Light n'avait pas compris ce qui lui était arrivé. Tout était noir autour de lui. Il n'entendait rien, ne sentait rien. Juste une magie inconnue qui l'entourait et l'étouffait, comme s'il était un insecte pris dans la toile d'une araignée. Se débattre ne servirait à rien, il le savait. Il ferma les yeux et rassembla ses forces. Il avait l'étrange impression qu'elles s'éparpillaient, qu'elles s'échappaient de son corps pour disparaître dans le néant... Ce fut un travail laborieux, mais il laissa la magie exploser autour de lui pour se libérer.

  La première chose qu'il aperçut fut le poing immense de son adversaire heurter son nez. Il tomba à terre et s'aperçut que le sol était recouvert de sang. De son sang. Avant qu'il ne se relève, le pied du chasseur heurta son visage et l'envoya contre un rocher, quelques mètres plus loin.

*


  Immobile, Aya regardait l'affrontement meurtrier qui se déroulait sous ses yeux. Lorsque Light avait été transformé en une créature semblable à ces étranges zombies, la jeune femme avait cru le combat terminé. Le Tisseur était resté impassible, supportant sans tressaillir les nombreux coups que son adversaire lui avait portés. Et puis soudain, une étrange lumière pourpre avait à nouveau entouré son corps avant d'éclater, rendant au jeune homme son apparence première.

*


  Light se redressa douloureusement, avec trop de torpeur pour pouvoir éviter le pied de son adversaire, qui heurta violemment sa joue. Une énième fois, le jeune homme fut projeté à terre. Sa respiration était accélérée, hachée. Il s'était pris tellement de coups que son visage était recouvert de poussières et de sang. Une nouvelle fois, il se releva en chancelant.
  Son adversaire se précipitait sur lui, le poing armé. Le Tisseur sourit et brandit son épée. Il cracha un peu de sang puis réunit ses forces...

*


  Aya était en train de songer que la défaite se rapprochait inexorablement de Light. A chaque coup qu'il se prenait, non seulement son corps vacillait, mais son moral se fragmentait lui aussi. L'orgueil étincelait bien plus dans ses yeux que la magie qui y était concentrée. L'orgueil pathétique d'un homme désespéré qui essayait vainement de se persuader que la victoire était à la portée de sa main. Light était convaincu que son adversaire faisait une erreur grossière en se ruant sur lui, parce qu'il serait puissant pour parer cet assaut frontal. Et il ne s'apercevait pas qu'au contraire, en continuant de placer sa foi en cette force qu'il ne possédait plus, c'était lui qui s'enfonçait de plus en plus dans les affres de la défaite...

*


  Light souriait en regardant son adversaire. Celui-ci semblait étonné, il examinait avec curiosité son poing serré. Son poing serré et immobilisé, stoppé par la pointe de la lame du Tisseur.

- A mon tour de te présenter mes pouvoirs. Le regard angélique est un sortilège que maîtrise tous ceux de ma lignée. En concentrant une grande quantité de magie dans nos yeux, nous pouvons non seulement voir tout ce qui se déroule autour de nous au ralenti, mais aussi contrôler à la perfection l'intensité du Shintaisen que nous utilisons. Ce qui signifie qu'en un instant, je peux disposer d'une force suffisante pour trancher cette montagne en deux. Désolé de devoir te le dire si crûment, mais face à moi, tu ne peux pas gagner. Ad...

  Une lumière pourpre s'échappa du poing du chasseur et en un instant, recouvrit la lame du Tisseur. Celle-ci se brisa en mille morceaux. Light était si étonné, si stupéfait, qu'il ne réagit même pas quand un poing immense frappa avec une violence inouïe son visage. Il s'écrasa contre un rocher derrière lui, crachant quelques gouttes de sang. Puis il tomba par terre, à bout de force. Il eut à peine assez d'énergie pour se redresser sur les coudes, tournant son visage dans la direction d'Aya :

- S'il... S'il te plait, un coup de main ne serait pas de trop.

  Mais la réponse qu'elle lui donna ne fut pas celle qu'il attendait... D'une voix parfaitement posée, froide même, la jeune femme lui rappela doucement ce que Daedra répétait sans cesse :

- La lame d'un Tisseur n'est que le prolongement de son âme. Nul ne pourra briser celui qui désire la victoire de tout son être. Mais que pitié, doutes ou frayeur torturent l'esprit de l'un d'entre vous et à jamais sa lame sera perdue.

  Puis la Tisseuse se retourna sans ajouter un autre mot et commença à descendre la colline.
  Light écarquilla les yeux. A ce point, le pied de Pourpre heurta ses côtes, le faisant rouler sur plusieurs mètres. Le temps qu'il se relève, un uppercut le fit tourner sur lui-même. Puis il s'écroula par terre, incapable de tenir sur ses jambes plus longtemps. La douleur envahissait chacun de ses muscles, l'humiliation chaque recoin de son esprit.
  Le chasseur récupéra son épée qu'il avait laissé tomber quelques secondes plus tôt.
  Le Tisseur, réunissant toutes ses jambes, essaya de se hisser sur ses jambes mais il retomba immédiatement, heurtant à nouveau la terre rocailleuse.
  Une lumière pourpre recouvrit l'arme du chasseur. Sa lame alors se reconstitua.
  En titubant, le Tisseur réussit tant bien que mal à se relever. Sa respiration était rauque, son corps à bout de force, épuisé par tous les coups qu'il avait reçus.
  Le chasseur fléchit ses genoux. Et alors, levant son épée vers ciel, il s'élança sur son adversaire.
  Les yeux du Tisseur étaient redevenus normaux depuis quelques minutes. Il les ferma tandis que son visage s'abaissait.

*


  Light regarda autour de lui. Il était entouré par des ténèbres si épaisses, si sombres, qu'il voyait à peine son propre corps.
  Une voix moqueuse perça cette inquiétante obscurité :

- T'es un loser, t'es un loser, c'est tout. Dans la vie, y'a deux catégories de personne : les boulets et ceux qui assurent. Nous, on fait partie de la seconde catégorie, toi, de la première.

  Le jeune homme écarquilla les yeux et se retourna vivement pour essayer d'apercevoir celui qui venait de prononcer ces paroles, mais le néant était son seul compagnon.

- Retiens bien nos noms : Moi, c'est Hugin, lui, c'est le chapelier. Et si un jour tu les entends à nouveau, rappelle-toi de te barrer vite, très vite...
- La... La ferme ! Si l’on se croise à nouveau, c'est moi qui vous ferais mordre la poussière !

  Dans les ténèbres, plusieurs voix répétèrent en choeur ces paroles :

- La lame d'un Tisseur n'est que le prolongement de son âme. Que la peur, la crainte, l'effroi torturent ton esprit et à jamais elle sera brisée ! La peur, la crainte, l'effroi ! Brisée ! La peur, la crainte, l'effroi ! Brisée ! La peur, la crainte, l'effroi !...

  Light plaqua ses mains sur ses oreilles, se mettant à hurler :

- Tai...Taisez-vous !
- La peur, la crainte, l'effroi ! Brisée ! La peur, la crainte, l'effroi ! Brisée ! La peur, la crainte, l'effroi ! Brisée !
- Arrêtez ! Taisez-vous !
- La peur, la crainte, l'effroi ! Brisée !
- Arrêteeeeeeeeeeeeeeeez !

  Le jeune tomba à genoux tandis que les larmes dévalaient ses joues.

- Arrêtez... Arrêtez... Pitié... Arrêtez...
- Adieu, monsieur le Tisseur, toi qui était sans aucun doute l'adversaire le plus nul et le plus pitoyable qu'on ait jamais affronté.
- Tais-toi...
- Adieu, monsieur le Tisseur, toi qui était sans aucun doute l'adversaire le plus nul et le plus pitoyable qu'on ait jamais affronté.
- Tais-toi... Tais-toi... TAIS-TOI !

  En même temps que son cri, une épaisse lumière blanche jaillit du corps de Light et perça les ténèbres. Le jeune homme était furieux à présent. La honte qui l'étouffait quelques secondes plus tôt s'était muée en une sourde colère. A présent, ses yeux haineux et dorés s'étaient posés sur le corbeau qui le dévisageait en riant.
  Light bondit, son épée à la main. Soudain, l'oiseau noir se tut. Il voulut s'envoler, s'échapper, mais il n'en eut pas le temps. La lame immaculée le trancha en un instant.
  Lorsque le Tisseur fit disparaître son arme, Aya se tenait devant lui.

- La lame d'un Tisseur n'est que le prolongement de son âme, murmura-t-elle. Que pitié, doutes ou frayeur torturent l'esprit de l'un d'entre vous et à jamais elle sera perdue.
- Mais nul ne pourra briser celui qui désire la victoire de tout son être, répondit Light.

*


  La lumière du soleil se refléta sur la lame de Pourpre. A toute vitesse, elle s'abaissa sur le Tisseur.
  Au même instant, Light ouvrit ses yeux dorés. Une lumière éclatante et immaculée s'échappa de son corps.
  Et sa lame para celle du chasseur. Ce dernier écarquilla les yeux, stupéfait. La puissance et la confiance qui se dégageait à présent de son adversaire étaient démesurées. D'une faible pression, le jeune homme repoussa Pourpre.

- Désolé, murmura-t-il. J'ai été un peu long à réagir, mais à présent, ce duel est terminé.

  Le chasseur hocha doucement la tête. Il le savait lui-même. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il était incapable de continuer le combat. Il n'avait plus le niveau nécessaire.
  Light leva sa lame vers le ciel. Une douce lumière l'entoura.
  Les yeux de Pourpre se posèrent sur un nuage aussi blanc que ne l'était l'aura du jeune homme. Il allait pouvoir rejoindre les siens, à présent.

*


  Il y eut un bruit sourd. Aya se retourna et sourit en apercevant l'explosion derrière elle. Blanche. Pure. Elle s'assit tranquillement sur un rocher.

*


  Bast regardait son bras en sang. Autour de lui reposaient les cadavres de centaines de zombies. Pas un seul n'était passé. Et les survivants venaient de retrouver une apparence humaine. Sa mission était terminée. Un sourire orna ses lèvres.

*



- Il t'en a fallu du temps.
- Oui, désolé, j'ai un peu entravé le cours notre mission.
- J'espère que ça ne recommencera plus.
- Ca ne recommencera plus.
- Qu'est-ce que tu comptes faire, à présent ?
- Rentrer. Puis retrouver cet illusionniste et ce corbeau de malheur.
- Tu t'es enfin décidé ?
- Je ramènerai mes parents.
- Et tu prendras ta revanche.

  Light hocha silencieusement la tête. Aya lui sourit.

- Bon, proposa-t-elle, si nous rentrions ? Nous allons avoir du pain sur la planche.
- Tu n'es pas obligée de venir.
- Tu rigoles j'espère ? Je n'ose imaginer toutes les bêtises que tu ferais en mon absence, si je ne t'accompagnais pas...

  Le jeune homme éclata de rire sous la lumière étincelante du soleil.

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Dernière mise à jour de cette page le 12/08/2008
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