La nuit était tombée. Seule la lumière de la pleine lune éclairait à présent le manoir ancestral des Lumen. Sur la cour en gravier, devant la porte d'entrée, plusieurs carrosses s'étaient arrêtés, des dizaines et des dizaines d'invités se baladaient dans les jardins somptueux. Immobile, Aya regardait ces nobles qui défilaient en riant. Elle, elle ne portait qu'une simple robe pourpre, sans le moindre artifice. Face à ces aristocrates aux tenues fastueuses, elle se sentait ridicule... Si Light n'avait pas insisté pour qu'elle vienne, elle serait à ce moment même en train de dormir dans son lit, petit mais douillé.
- Tu rêves, Aya ?
La jeune femme se retourna. Bast se tenait derrière elle. Son coéquipier avait revêtu un élégant smoking, mais il semblait ridicule à l'intérieur : Bast était un homme massif, aux épaules larges et aux bras deux fois plus épais que les siens, dont les cheveux bruns ressemblaient plus à la crinière d'un lion qu'à une coiffure raffinée. Ce genre de costume distingué ne lui allait pas du tout et cela se percevait dans son regard : il se sentait encore plus gêné qu'elle.
- Je cherche encore une solution pour me défiler, répondit-elle avec un sourire. Tu as une idée, toi ?
- Malheureusement, non... Il va nous falloir affronter tout le gratin du pays, j'imagine ?
- J'en ai bien peur... On se vengera, hein ?
- Oh oui !
- On pourrait par exemple souffler à Daedra que notre Light commence à se rouiller et qu'il aurait besoin d'un petit entraînement bien costaud pour récupérer la forme ? Ce serait pour son bien, évidemment...
- Evidemment !
Ils sourirent tous les deux puis, d'un accord tacite, prirent leur courage à deux mains et montrèrent au portier leur invitation.
Une coupe de champagne à la main, Light regardait les jongleurs exercer leur art, sur la scène au fond de la salle. De temps en temps, il saluait quelques personnes qu'il connaissait vaguement ou que ses parents lui présentaient. A vrai dire, il s'ennuyait à mourir. Heureusement pour lui que des spectacles étaient prévus, sans quoi il se serait déjà endormi depuis longtemps. Quant à ses amis, ils tardaient à arriver... Déjà, il commençait à se demander s'ils n'allaient pas lui poser un lapin... Ils en seraient bien capables, de le laisser seul à souffrir ici !
Soudain, des lèvres s'approchèrent de son oreille et y murmurèrent suavement :
- Alors mon grand, on s'ennuie ?
Light sourit en reconnaissant la voix d'Aya. Il se retourna et la détailla du regard.
- Belle robe, commenta-t-il avec un sourire.
- Je te préviens, si tu commences à te moquer, je repars immédiatement ! Je n'ai pas de parents qui peuvent m'acheter des habits hors de prix, moi.
- Mais ce n'était pas ironique !
La jeune femme se contenta de lever les yeux au ciel. Bast, lui, se sentait encore plus gêné, maintenant qu'il était entouré d'aristocrates bienséants et de gens fortunés. Light posa une main sur son épaule :
- Hé mon vieux, pas la peine de t'en faire, la moitié d'entre eux ne te verront même pas.
- Tu sais que je n'aime pas la foule...
- Regarde plutôt le spectacle alors, notre majordome a réussi à réunir les artistes les plus doués du pays !
Juste à cet instant, comme pour appuyer ses dires, les lumières s'éteignirent. Seule la scène était éclairée par quelques flammes qui volaient dans les airs. Les jongleurs étaient repartis. Lentement, les rideaux commencèrent à s'écarter, laissant apparaître le prestidigitateur de la soirée. C'était un homme de taille moyenne, habillé d'un simple costume noir, très simple. Sa seule excentricité, mais de taille, étaient ses manches qui se terminaient par des fanfreluches en dentelle, blanches. La pâleur de son visage était accentuée par un maquillage blanc. Une larme noire avait été dessinée sous son oeil gauche, qui contrastait avec le sourire éclatant de cet homme. Il paraissait juvénile, mais personne n'était capable de deviner son âge. 20 ans ? 30 ? 40 peut-être ? Ses cheveux bruns, coupés très courts, disparaissaient sous son superbe haut-de-forme noir.
De manière très gracieuse, il se découvrit et s'inclina, saluant la foule qui l'observait.
- Bien le bonjour, mesdames et messieurs. Je suis le chapelier, grand illusionniste. Ce soir, c'est moi qui aurais l'honneur de vous distraire par mes modestes tours.
Il se releva, sourit à ses spectateurs, lança son chapeau en l'air et tendit le bras. Avant d’atterrir avec élégance sur sa tête, le haut-de-forme laissa tomber une canne surmontée d'un pommeau azur qui atterrit dans sa main. Tout le monde applaudit, impressionné par tant d'adresse et de talent.
- Je me suis longuement questionné pour savoir ce que je ferai, une fois monté sur cette scène. J'ai pris la décision de commencer par un tour assez banal afin de pouvoir terminer en apothéose, j'espère que vous me pardonnerez ces débuts peu originaux.
A nouveau, il retira son chapeau et le tapota délicatement à l’aide de sa canne. Il y eut un croassement puis un corbeau sortit du haut-de-forme, s'envolant dans les airs. L'illusionniste fronça les sourcils et regarda l'animal :
- Et bien Hugin, où sont tes compagnons ? Je ne peux tout de même pas faire l'affront de ne sortir qu'un seul oiseau de mon chapeau !
- J'en sais rien moi, chuis pas leur bonniche ! Ils vont où ils veulent, perso j'm'en branle !
- Hugin ! Surveille ton langage voyons, nous sommes invités chez la famille la plus influente et la plus distinguée du pays !
- A vrai dire, tu vois, j'm'en fou. Complet.
Les invités commençaient à se regarder entre eux, trouvant cette farce de très mauvais goût. Un peu gêné, l'illusionniste se tourna dans leur direction :
- Veuillez le pardonner, Hugin est un peu farceur !
- Attends, j'm'en tape, moi, du pardon de ces bourges, 'peuvent penser c'qui veulent, c'est pas mes oignons hein.
- Hugin ! Maintenant tais-toi et revient dans le chapeau avant de saboter complètement mon spectacle !
- C'comme tu veux, patron.
Mais avant de rentrer, l'oiseau se retourna et, devant tous les spectateurs, tapota de son aile droite son arrière-plan, éclatant alors d'un rire gras. Le prestidigitateur n'eut même pas le temps de le sermonner, le volatile plongea dans son chapeau. Une petite goutte de sueur dévala le visage de l'illusionniste, tandis qu'un murmure agitait la foule :
- Hugin n'est pas vraiment présentable, je suis désolé que ce soit lui qui soit sorti...
A nouveau, il tapota son chapeau de sa canne. Cette fois-ci, ce ne fut pas un corbeau qui sortit, mais des dizaines et des dizaines de colombes, peut-être même des centaines ! Dans leur vol gracieux, elles emplirent de leur chant mélodieux. Cette fois-ci, le public applaudit chaleureusement.
- Et maintenant, mesdames et messieurs, mon second tour ! Je l'ai appelé "Pluie de songes". J'espère que vous saurez l'apprécier à sa valeur... Regardez : au-dessus de vous se trouvent 77 colombes. Et pouf ! Maintenant, ce ne sont plus des colombes, mais des membres de la confrérie de l'Epée ! Amusant n'est-ce pas ?
Tout le monde leva les yeux pour observer le plafond. Il y eut un nuage de fumée. Et lorsqu'il disparut, une véritable armée tomba au sol. Une armée de clones, car tous avaient la même apparence, celle d’un homme vêtu d'un pantalon noir et d'une épaisse chemise de la même couleur, qui portait une longue épée dans son dos et dont on avait brodé, sur la manche gauche, un blason pourpre représentant trois mains se tendant vers une épée lumineuse. Ses traits étaient chaotiques, durs. Un regard meurtrier brillait dans ses yeux sombres. Lentement, ils dégainèrent tous leur arme.
Au début, les spectateurs furent médusés, se demandant s'il s'agissait là d'une nouvelle blague de mauvais goût ou si c'était un véritable cauchemar. Mais lorsque les épées s'approchèrent de leur cou, tous réagirent. Les Tisseurs qui se trouvaient dans la salle firent apparaître leur arme, les civils essayèrent de fuir. Le chaos le plus complet régnait au milieu des invités, c'était une véritable boucherie. Pour un clone qui tombait, trois nobles périssaient. Et au milieu de cette lutte, l'épée d'Aya dansait avec grâce, tranchant impitoyablement ses ennemis. Sa lame virevoltait, à peine visible. Tel un serpent, on ne pouvait percevoir qu'une faible ondulation avant d'être frappée par elle. Bast lui n'avait pas dégainé son arme, cela faisait des années qu'il ne pouvait le faire, mais ses uppercuts étaient tout aussi meurtriers qu'une lame et les clones se désintégraient en un instant sous leur force.
Son épée à la main, Light courait. Il se contentait de découper rapidement les clones qui surgissaient devant lui, fuyant l'affrontement. Ou plutôt, cet affrontement. Son regard était fixé sur l'illusionniste, qui courait filait dans les airs, au-dessus de lui. Lorsque l'inconnu fut au-dessus de la porte, il traversa le mur aussi facilement que ne l'aurait fait un fantôme. Light dut pousser les gens autour de lui, se frayant un chemin à la force de ses bras.
C'était la panique, les gens hurlaient, couraient. Tous ceux qui n'avaient pas une arme tremblaient de peur, à tel point qu'ils se gênaient mutuellement et obstruaient toutes les sorties. Lorsque Light réussit à quitter la grande salle, l'illusionniste disparut dans un couloir étriqué. Le jeune homme pressa le pas, cherchant à le rattraper. De son bras gauche, il repoussait tous les gens qui lui bloquaient le passage et de son bras droit, il tranchait en un éclair les clones qui croisaient sa route. L'iris de ses yeux était doré, à présent. Sa vitesse augmenta, tout comme la longueur de ses enjambées. D'un coup d'épaule, il ouvrit la porte qui le séparait du prestidigitateur. Il s'arrêta brusquement et leva les yeux : son adversaire le toisait, posé sur l'une des marches de l'escalier, un sourire moqueur au coin des lèvres :
- Et bien petit Tisseur, tu ne vas pas aider tes invités ? C'est très déplacé comme comportement, n'as-tu pas honte ?
Le corbeau de tout à l'heure vint se poser sur l'épaule de l'illusionniste, histoire de pouvoir en rajouter une couche :
- Pfff ! Je croyais juste que c’était un gros aristo, mais non, en plus c’est une ordure doublée d’un enfoiré. Bonjour l’élite !
Light ne répondit même pas à la provocation. Il leva son arme et envoya un Maryoku sur son adversaire. Le sourire de ce dernier devint amusé et, d'un coup de canne, il brisa le croissant d'énergie.
- Allons allons, que d'impatience, petit Tisseur ! Ne sois pas si brusque, ne pouvons-nous pas discuter calmement, en hommes civilisés que nous sommes ?
- Style, les gros bourges peuvent être civilisés ! J'me marre tiens !
- C'est bon Hugin, nous avons compris que tu n'aimais pas les aristocrates. D'ailleurs, je te rappelle que le terme "Bourge" désigne un bourgeois à l'origine, non pas un noble.
- On s'en branle de ça, monsieur le dictionnaire ambulant ! Contente-toi plutôt de nous débarrasser du gamin, j'ai pas que ça à foutre de ma journée, figure-toi !
- Mais enfin, qu'est-ce qu'un corbeau pourrait pouvoir faire de plus pendant la soirée ? Tu n'as pas à chasser, je te nourris déjà !
- J'me suis trouvé une femelle bien roulée si tu veux tout savoir, alors j'aimerais bien pouvoir revenir passer ma nuit avec elle ! Les gamins c'pas trop mon truc tu vois ? Donc grouille-toi un peu, merde !
Light se racla la gorge.
- Hem hem ! Si je vous dérange, vous me le dîtes peut-être ?
- Oh, désolé petit Tisseur, tu as raison, nous manquons à toutes les règles de la bienséance !
- Tant mieux si on l'emmerde ce bourge de mes deux ! Ca lui fera les pieds, tiens !
- Hugin, arrête de parler si tu veux pouvoir revoir ta femelle avant demain !
- D'un autre côté, la bonasse qui était à côté du gamin m'irait bien hein, chuis pas trop difficile ! Elle avait une robe bien décolletée comme j'les aime ! Et ces jambes… Miam !
Light écarquilla les yeux, stupéfait. Le corbeau lui jeta un regard meurtrier :
- Bah quoi, tu crois quoi ? Que sous prétexte que chuis un oiseau, j'peux pas me taper les canons ? Pourquoi y'aurait que les humains qui prendraient leur pied, d'abord ?
- Hugin, cette fois-ci s’en est trop, ferme ton bec, tu deviens irrévérencieux ! On ne parle pas des jeunes femmes ainsi, personne ne t'a donc appris les règles de la politesse ?
- Moi je veux bien que ça soit elle qui me les apprenne, tiens !
L'illusionniste sauta sur le côté pour éviter un nouveau Maryoku, que le corbeau ne put s'empêcher de commenter :
- Et voilà, dès qu'on parle de la poitrine de sa copine, il s'énerve l'autre bourge !
- Il faut avouer que tu ne sais pas y mettre les formes, Hugin.
- Par contre elle, elle sait les mettre en valeur, ses formes ! Et puis d’abord elle te tape pas dans l'oeil, à toi ?
- Hugin, voyons !
- Ouais, ça veut tout dire... Allez, je me la ferme, mais grouille-toi de te débarrasser du gamin, j'ai pas que ça à foutre, je te l'ai déjà dit.
L'illusionniste soupira en levant les yeux au ciel puis pointa sa canne vers Light :
- Bien mon garçon, je suppose que tu tiens à te battre n'est-ce pas ? Personnellement, je n'aime pas vraiment cela, je trouve que c'est une activité stupide et sans la façon la plus grossière de régler un conflit, mais je suppose que je n'ai pas le choix.
- En effet, tu ne l'as pas.
Et sans ajouter un mot de plus, le Tisseur bondit, se retrouvant en face de son adversaire. Mais l'illusionniste para son coup d'épée sans la moindre difficulté. Fou de rage, Light enchaîna les attaques avec frénésie. Il ne réfléchissait même pas, il se contentait de frapper avec toute la puissance et toute la vélocité dont il disposait. Mais à chaque fois, sa lame heurtait la canne du prestidigitateur, qui parait avec nonchalance les assauts du jeune homme. Il lui fit même l'affront de bailler en mettant sa main gauche devant sa bouche, sans se faire toucher pour autant. Hugin commenta ce combat à sens unique :
- Et bah, non seulement t'es un gros bourge pervers qui traîne avec une nana sacrément bien montée, mais en plus t'es le pire boulet que j’ai jamais vu dès qu’il s'agit de baston ! Franchement laisse tomber, tu fais pitié mon vieux !
- La ferme saleté de perroquet !
- De...De quoi ? Attends, tu viens de me traiter de quoi là ? Répète ! Répète si t'es un homme !
- La ferme saleté de...Argh !
- Ne te déconcentre pas, petit Tisseur.
Light venait de se prendre un coup de canne dans le nez. Sous le force de l'impact, il perdit l'équilibre et tomba, descendant une dizaine de marche en roulant. Lorsque son dos heurta le marbre aux pieds des escaliers, il poussa un cri de douleur.
- Et en plus il crie comme une fillette... Putain quel naze, mais quel naze... On peut rentrer maintenant ? C'est pas c'te merde qui va nous barrer la route !
- Maryoku !
L'illusionniste eut juste le temps de sauter : le croissant d'énergie passa sous son corps, tranchant les marches de l'escalier.
- C'est pas possible, t'es vraiment un débile toi, on t'a jamais appris ce que c'est que l'effet de sur-pri-se, crétin ? Si tu hurles le nom de ton attaque, on risque de se douter de ce que tu vas faire ! Non mais quel con çui-là...
- Hugin, voyons, évite d'insulter ce malheureux garçon, ce n'est pas de sa faute s'il n'est pas très doué au combat, le pauvre !
Light ferma les yeux. Lentement, une épaisse lumière blanche commença à irradier de son corps. La puissance que dégageait son aura monta en flèche. Même le corbeau se tut devant un tel spectacle. Lorsque le jeune homme réouvrit les yeux, toute trace de colère avait disparu de son regard. Il était calme, impassible, sûr de lui.
- Je vais vous tuer, articula-t-il lentement, tous les deux.
En un éclair, il fut devant eux. L'illusionniste eut juste le temps de se protéger à l'aide de canne : lorsque la lame du Tisseur la heurta, il eut une explosion si forte que le prestidigitateur fut projeté contre le mur, plusieurs mètres derrière lui. Le temps qu'il se relève, il sentit la lame froide de Light se poser contre son cou. Une goutte de sang perla.
- Adieu, murmura paisiblement le jeune homme.
Et sa lame pénétra...dans le vide. Il n'y avait plus personne en face de lui. Light écarquilla les yeux et regarda son ventre. Il saignait. Abondamment. Ses jambes se dérobèrent et ses genoux heurtèrent doucement le sol. Il ne comprenait plus rien, à présent. Que s'était-il passé ? Il n'en savait rien. Autour de lui, tout se brouillait, tout s'assombrissait. Hugin vint doucement se poser sur son épaule, approchant son bec de son oreille :
- T'es un loser, t'es un loser, c'est tout. Dans la vie, y'a deux catégories de personne : les boulets et ceux qui assurent. Nous, on fait partie de la seconde catégorie, toi, de la première. Y'a pas de super sortilège de la mort qui tiennent, t'es un boulet, c'tout. Adieu, monsieur le Tisseur, toi qui était sans aucun doute l'adversaire le plus nul et le plus pitoyable qu'on ait jamais affronté. Si jamais t'arrives à t'en sortir, retiens bien nos noms : Moi, c'est Hugin, lui, c'est le chapelier. Et si un jour tu les entends à nouveau, rappelle-toi de te barrer vite, très vite, parce que si tu croises une seconde fois notre route, on sera beaucoup moins sympa avec toi, tu peux me croire.
Light sentit vaguement un poids quitter ses épaules. Mais il était incapable de dire si c'était parce que l'oiseau venait de s'envoler ou simplement parce qu'il était en train de perdre connaissance. Ca n'avait plus d'importance, à présent, tout était noir autour de lui. Les bruits des combats et les hurlements des mourants lui semblaient lointains, à présent, terriblement lointain... Et puis il avait froid, si froid... Il avait toujours dit à ses parents que le marbre était une roche trop froide...
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