CHAPITRE 14 : Aurora

 

  Lorsque les yeux d'Ice se rouvrirent, l'adolescent s’aperçut qu'il était couché dans son lit. Délicatement, il tâta sa hanche gauche : il ne sentait plus la douleur. Sa blessure semblait guérie. Alors seulement, il regarda autour de lui.
  Et fut accueilli par la puissante main de Ray, qui frappa violemment son dos :

- Et bah mon vieux, tu reviens de loin !

  Ice toussa avant de lui répondre en souriant :

- Ce n'est pas une raison pour essayer de m'y renvoyer...
- Bah, ce n'était qu'une toute petite...
- Taisez-vous les gamins ! Bon sang, qu'est-ce que vous croyez, que vous venez de gagner à un jeu vidéo ?!

  Praek se tenait devant la porte de la chambre, les bras croisés autour de sa poitrine. Son regard furieux indiquait clairement ce qu'il pensait de la petite excursion de ses élèves...
  Sanga et Enishi étaient à ses côtés. Ce dernier essaya de calmer un peu la colère de leur maître :

- Bah, pas la peine de s'en faire, on s'en est tous sorti, non ?
- Mais certainement pas grâce à vos capacités ! Vous avez vu dans quel état vous étiez, quand Ena et moi, on vous a récupérés ? Sans les pouvoirs de soin de ma collègue, vous seriez tous morts, bande d'imbéciles !
- Hé, protesta Ray, moi je n'avais aucune blessure !
- Et moi, ajouta Enishi, j'étais encore plus en forme que lui !
- Mais comment tu peux savoir ça alors que quand on s’est revu, on était déjà tous les deux guéris ?
- Parce que je le sais, c'est tout ! Si vous aviez vu comment j'ai géré dans ce combat, c'était trop facile pour un mec aussi talentueux et puissant que moi ! Franchement, les gars, je comprends pas comment est-ce que vous vous êtes démerdé pour vous retrouver dans un tel état face à des adversaires aussi...
- Evidemment que c'était facile, le coupa Praek, Saturne était le plus faible des quatre ninjas ! C'était un assassin, pas un guerrier, même un gosse de quatre ans l'aurait compris en l'affrontant, encore heureux que tu aies pu le vaincre en combat rapproché !

  Enishi se mit à rougir et à bafouiller un vague excuse, que personne n'écouta de toute manière.
  Ce fut Ice qui tenta à nouveau de rassurer leur maître :

- Grâce à Ena, nous sommes tous et sains saufs, c'est le principal, non ?
- Parlons-en justement ! A cause de vos conneries, je vais devoir lui payer un repas, à Ena ! Est-ce que vous pensez qu'avec mon maigre salaire, je peux me permettre ce genre de folie ?!
- Putain, murmura Enishi, ça veut dire qu'il va passer la soirée en tête-à-tête avec elle...
- Toi, la ferme !
- Non mais vous savez, si ça vous dérange, moi je peux y...

Ca doit faire mal, songea Ray en observant la baffe que Praek venait de donner au jeune maître du feu. L'adolescent avait presque envie de compatir au sort de son ami. Presque...

- Bon, la discussion est maintenant close. A partir de maintenant, si je vous reprends, ne serait-ce qu'une seule fois, à désobéir aux ordres que je vous donne, je vous promets que vous continuerez votre entraînement au Groenland et en caleçon, pendant six mois, bien reçu ?

  Les quatre adolescents déglutirent lentement. Aucun d’entre eux n'osa troubler le silence qui régnait dans la pièce. Praek leur adressa un sourire parfaitement factice :

- Très bien, alors on se reverra pour votre prochaine mission, et vous n'avez pas intérêt à me décevoir !

  Puis le combattant se retira, laissant seuls ses quatre élèves convalescents.

*


  Praek était assis sur un banc, à côté d'Ena. Cette dernière lisait tranquillement un livre ancien et usé, tout en soutenant la conversation avec son ami de toujours :

- Je te l'ai déjà dit, ce n'était rien.
- Si, ça fait trois fois que tu me sauves la mise. Si le Conseil apprenait ce qui vient de se passer, la garde de ces enfants me serait sans aucun doute retirée et je retrouverais dégradé sur-le-champ.
- Je ne parlerai pas, ne t'en fais pas. Et je ne pense pas que ces ninjas soient en état de vendre la mèche...
- Il en reste encore un. Neptune est toujours vivant.
- C'est étonnant d'ailleurs. Qu'Attano ait été défait.
- Jupiter. C'est le nom qu'il avait pris. Attano est mort ce jour-là, en même temps que le Raïji que nous connaissions.
- Toujours est-il que son pouvoir était largement supérieur à celui de Ray. Ton protégé n'aurait même pas dû réussir à le blesser...
- Est-ce que tu crois qu'il aurait pu... ?
- Mon sceau est encore intact, j'ai vérifié. J'espère simplement qu'il n'a pas trouvé le moyen de le contourner.
- Tu penses qu'il pourrait vouloir rejoindre la Confrérie ? Enfin Ena, c'est mon élève, je le connais, il n'est pas du genre à...
- Arrête de fermer les yeux, Praek. Ce gosse désire le pouvoir. Plus ardemment encore que son frère. Son âme toute entière frémissait à l'idée de devenir plus fort, lorsque je lui ai apposé ce sceau. Tu ne pourras pas refuser éternellement de voir la vérité en face. Tôt ou tard, nous devrons résoudre ce problème, avant qu'il ne nous échappe... Le potentiel de cet enfant nous dépasse complètement Praek, il dépasse nos compétences, mais également celles de la Confrérie. S’il s’abandonne à la Marque, ce sera une catastrophe effroyable pour nous, bien pire encore que la trahison de son frère. Mais si, par malheur, il parvenait à repousser les limites de l’impossible et à maîtriser ce pouvoir… Alors je pense que ce serait la fin, la fin des Tisseurs, la fin de la Confrérie, la fin de tout ce qui existe tel que nous le connaissons.

  Le jeune homme ne répondit rien. Il savait pertinemment quelle puissance ce gosse pouvait acquérir, grâce à la Marque. Il l’avait vu passer en un instant du niveau d’un débutant incapable de tenir son épée correctement à celui d’un guerrier surdoué, capable de le surpasser. Alors quelle force obtiendrait-il, quand il aurait acquis plus, bien plus d’expérience et de connaissances ? Praek n'avait pas le courage de formuler la réponse à cette question. Il se contenta de lever les yeux vers le ciel rose.
  La douce lumière de l’aurore venait de s’éveiller et ses doigts de fée commençaient déjà à repeindre les cieux.

*


  Ray et Ice étaient assis, en train de regarder la télévision. Demain serait le dernier jour avant les vacances et ils n'avaient rien de mieux à faire que de regarder le journal télévisé...
  Dehors, la nuit était tombée. Le vent soufflait doucement, arrachant quelques feuilles d'arbres dorées par l'automne. Celles-ci frôlèrent la vitre de l'appartement des deux amis, mais ils n'y prêtèrent aucune attention, car voici ce qu'ils écoutaient :

« Bulletin spécial : Aujourd’hui même, une nouvelle île vient d'être découverte en plein milieu de l'océan Atlantique. Son existence était jusqu'ici totalement inconnue, alors que cet endroit est quotidiennement traversé par de nombreux bateaux et avions. Cette question pose déjà un épineux problème aux scientifiques, alors que plusieurs personnes voient en cette apparition subite une action divine, voire satanique. »

  Ray éteignit la télévision. Il en avait assez des monstres de Nexus, si en plus on devait rajouter ceux qui existaient dans les esprits des fanatiques religieux...
  Ice, lui, fronçait les sourcils, plus interpellé par ce problème. Il se tourna vers son ami et l'interrogea :

- Qu'est-ce que tu penses de ça ?
- Qu'on aura rapidement une explication concoctée par tous les génies de la planète, pas la peine de se tracasser toute la nuit pour une île de rien du tout. Regarde plutôt s’il n’y a pas du foot à la télé, ça, c’est vraiment intéressant.

  Ice hocha lentement la tête, mais il ne paraissait pas du tout convaincu.
  Aucun des deux adolescents ne se doutait de l'importance que cette île allait bientôt prendre sur leurs destins...

*


  Le lendemain, tous les élèves étaient rentrés en cours, prêts pour affronter leur ultime journée avant la libération de deux semaines tant attendue. Après avoir survécu à deux heures de sport, particulièrement intensives, Enishi se préparait mentalement à devoir surmonter une nouvelle difficulté, peut-être même plus âpre encore : leur professeur de lettres était sur le point de rendre leurs dissertations. Bien entendu, les réactions dans la classe étaient assez hétérogènes :
  Ice avait les mains posées sur son bureau. Il restait calme et serein, comme toujours dans ces cas-là. Ce n'était pas le genre à être inquiet lorsqu'on lui rendait une copie. Sanga demeurait tout aussi impassible, même si c’était surtout parce que cela faisait parti de son caractère. Tout le contraire de Ray, qui avait toujours tendance à éprouver un très fort stress dès qu’un professeur lui rendait un devoir qu'il avait jugé difficile. Enishi était lui assez dubitatif, même s’il ne connaissait pas ce mot : Certes, il était persuadé d'avoir correctement traité le sujet, mais il se demandait si sa copie n'était pas tout de même un peu courte...
  Storm, leur jeune professeur, sortit une liasse de feuilles doubles. Le silence régnait à présent dans la salle. Il se décida à le briser pour faire quelques commentaires :

- Le niveau est correct dans l'ensemble, surtout pour une première dissertation. Bien sûr, il y a toujours qui sortent du lot. Ice par exemple...

  Il sortit une première copie qu'il déposa sur le bureau du jeune homme.

- C'est excellent, je n'ai aucun commentaire à faire... 18.

  Ray jeta un regard envieux à son ami. Celui-ci se contenta de répondre par un sourire un peu gêné.

- Sanga, bon travail, essayez simplement d'illustrer plus souvent vos arguments à l’aide d’exemples concrets. 14. Ray, c'est correct, dommage que vous n'ayez pas correctement analysé la consigne. 12, mais vous devriez pouvoir faire mieux.

  Et il continua ainsi, rendant à chacun des 24 élèves leur copie, accompagnée d'un bref commentaire. Enishi commençait à attendre la sienne avec une impatience mêlée d'une légère appréhension...

- Et enfin, Enishi. C'est... Comment dire... Je vous rappelle le sujet : "Aristote disait des tragédies qu'elles permettaient la purgation des passions humaines. A partir des textes étudiés en classe et de vos connaissances personnelles, commentez cette affirmation." Et pour cela, vous avez répondu, je cite, Aristote n’a pas bien dû comprendre le film Tragédie parce qu’il n’est pas question de purgation là-dedans, personne ne va aux toilettes. Mais c’est vrai qu’il parle des passions humaines, donc Aristote a à moitié raison, à moitié tord. Je crois que cela se passe de commentaire…Vous avez réussi l’exploit de faire un superbe hors sujet tout n’écrivant que quatre lignes et demies puisque là, je viens de lire la totalité de votre copie. 01/20, et encore, vous avez de la chance, normalement vous auriez dû perdre 6 points supplémentaires à cause de vos fautes d'orthographe, mais votre note aurait été négative...

  Il remit lentement cette copie à son propriétaire. Les yeux écarquillés de l'adolescent restèrent fixés sur cette note humiliante...

*


- 1 ! Bordel, 1 sur 20 ! Mais j'ai rien dit de faux en plus ! Putain, mais là je suis trop persuadé que le prof' me saque quoi !

  Les quatre adolescents marchaient dans la rue. Leur dernière journée de cours était à présent terminée, ils entamaient leur première après-midi de vacances depuis près d'un mois et demi. Bien entendu, Enishi pestait encore contre cette note, qu'il n'hésitait pas à qualifier d'injuste. Ice lui essayait de lui faire comprendre pourquoi il avait perdu tant de points :

- Enfin, Enishi... Aristote était un grec qui a vécu au IVème siècle avant Jésus-Christ, comment veux-tu qu'il puisse parler d'un film sorti il y a à peine une semaine ?
- Mais attends, comment il a fait alors ? Merde, ne me dis pas qu’il pouvait voyager dans le temps ?!
- Laisse tomber Ice, si on part là-dessus on en a pour des heures...
- C'est ça, fais le malin toi avec ton petit 12 !
- Vaut mieux crâner avec un 12 qu'avec un 1, espèce de crétin !
- J'ai eu cette note pourrie parce que le prof' m'aime pas, c'est tout !
- C'est parce que t'es nul que...
- Vous n'avez pas fini de vous disputer, tous les deux ?

  Les quatre adolescents se retournèrent au son de cette voix qui commençait à leur devenir familière. Praek se tenait derrière eux, vêtu d'un jean sombre, d'une chemise blanche et d'une paire de baskets Adadas. Le décalage entre ces habits et ceux qu'il portait habituellement était tel que les quatre amis eurent du mal à retenir un violent éclat de rire. Le combattant d'élite s'en aperçut d'ailleurs, car il plissa les yeux d'un air menaçant :

- Qu'est-ce que ces sourires moqueurs ?
- Rien, rien, on se préparait à se moquer une nouvelle fois d'Enishi, c'est tout !
- Espèce de sa...
- Mettez-la un peu en veilleuse, je ne suis pas ici pour écouter vos jérémiades !Vous êtes au courant, pour Nyx ?
- Nyx ? Qu'est-ce que c'est ?
- Une île du Nexus. Enfin, c'était une île du Nexus...
- C'était ? Un super vilain a réussi à la détruire entièrement ? Pas de problème les mecs, je m’en occupe, n’oubliez pas que je suis le seul à…
- Pas exactement. L'île a disparu du Nexus, pour réapparaître dans votre dimension.

  Ray et Ice écarquillèrent les yeux, faisant immédiatement le lien avec l’île découverte la veille. Normal que personne d’autre ne le connaisse, si elle venait du Nexus !

- Comment est-ce possible ?
- Ca, on ne sait pas encore. C'est justement le mystère que vous allez devoir résoudre.
- "Vous" ? Donc...
- Donc je ne serai pas avec vous pour cette mission, ce qui au fond ne vous changera pas vraiment. Je vais simplement vous amener jusqu'à l'île. Pour l'instant, les avions et les bateaux n'arrivent pas à l'accoster à cause des tempêtes qui règnent autour, mais je ne sais pas combien de temps cela va durer. Votre mission consiste à découvrir ce qui s'est passé sur Nyx et à faire "machine arrière" pour ramener l'île dans sa dimension véritable.
- Sacré mission...
- Surtout que cette île n'était pas inhabitée, quand elle était encore dans le Nexus.
- Grosses bébêtes ?
- Et assez dangereuses qui plus est. Sans compter la personne qui est à l'origine de tout ça, et j’imagine qu’elle doit être assez puissante. Des questions ?

  Les quatre adolescents se regardèrent. Leurs vacances risquaient d'être très mouvementées...
  Devant leur silence, Praek hocha la tête et fit apparaître son épée, bien entendue invisible aux yeux des passants.

- Bon, vous pouvez rentrez chez vous pour la soirée. Rendez-vous à l'appartement de Ray et d'Ice, demain, à 10h du matin.
- Dix... Dix heures ? Mais ça va nous faire lever vers 9h30 ça !
- Désolé Enishi, mais la sécurité des deux mondes passe avant ton sommeil.

  Evidemment, présenté comme ça...

*


  Le lendemain, à dix heures précises, les quatre adolescents étaient prêts. Chacun portait un sac à dos contenant quelques habits de rechange, une brosse à dent avec un tube de dentifrice, du savon, des pansements, du désinfectant, divers médicaments, de la nourriture et de l'eau (sauf Enishi qui avait préféré prendre du soda, malgré les conseils avisés de Sanga). De quoi survivre en milieu hostile, donc. Cette fois-ci, ils ne prenaient pas leur mission à la légère.
  Praek frappa et entra. Il les salua brièvement, observa leur sac à dos qu'il approuva d'un signe de la tête. Il fit alors apparaître son épée.

- Je vois que vous vous êtes préparés, c'est bien. Un dernier conseil : essayez de rester groupés. Autant que possible.

  Ils hochèrent la tête tous ensemble. Alors Praek planta sa lame dans le vide.

*


  Les quatre adolescents regardèrent autour d'eux. Ils se trouvaient sur une plage déserte. Dans leur dos, le bruit perpétuel des vagues, qui venaient s'échouer contre le sable blanc dans une danse immuable.
  Devant eux, une forêt tellement épaisse qu'elle en devenait impénétrable au regard humain. Des troncs aussi longs que larges, et aux feuilles si serrées qu'elles bloquaient les rayons du soleil. Mais sur la plage, l'astre flamboyant était si fort que les jeunes Tisseurs commençaient déjà à transpirer. Difficile d'imaginer que quelques centaines de mètres plus loin, une violente tempête agitait les flots, bloquant l’accès aux avions et aux bateaux...
  Praek leur avait dit, lors de leur première rencontre, qu'un passage ne pouvait pas diminuer les distances. Pourtant, cette fois-ci, à la place d'atterrir dans le Nexus, ils s'étaient retrouvés sur l'île. Apparemment, il y avait deux types de passage : ceux qui permettaient de changer de dimension et ceux qui amenaient à n'importe quel endroit du globe. Les seconds semblaient également plus difficiles à créer, car Praek avait récité une incantation, en latin, pendant près de deux minutes avant de pouvoir changer la nature de la fenêtre.
  Soudain, des bruits de pas attirèrent leur attention. Les quatre adolescents se retournèrent d'un seul mouvement.
  Trois hommes se tenaient devant eux. Ils portaient chacun une fine cotte de maille par-dessus une épaisse tenue marron. Leurs épées pendaient sur leurs jambes gauches.
  Ils posèrent leurs regards menaçants sur le groupe d'adolescents. Lentement, un sourire méprisant se forma sur leurs lèvres moqueuses...

Commentaires (3)

3. princesse sushi Le 18/04/2009 à 19:47

oh ! Tout s'explique hihi ^^

2. Admin Le 17/04/2009 à 23:52

En fait, ils sont tous dans la même classe, mais au début, si mes souvenirs sont bons, ils n'avaient pas cours ensemble parce qu'ils étaient en demi-groupe, ça explique pourquoi du coup, Ray et Ice devaient faire leur exposé Smiley

1. princesse sushi Le 17/04/2009 à 21:35

Lien vers le site web de princesse sushi
Au début du premier tome j'avais cru comprendre qu'ils n'étais pas tous dans la même classe. Mais bon c'est qu'un détail. ^^
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Dernière mise à jour de cette page le 09/08/2008
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